Avis aux criminalistes
La démonstration, par un jésuite qui a confessé des condamnées, que la procédure produit nécessairement des coupables.
| Titre original | Cautio criminalis, seu de processibus contra sagas liber |
|---|---|
| Auteur allégué | Publié anonymement — « par un théologien romain » |
| Auteur ou milieu réel | Friedrich Spee von Langenfeld |
| Attribution | Attribution assurée |
| Datation | Rinteln, 1631 |
| Langue | Latin |
| Lieu | Empire |
| Cote | DEM-007 |
Spee ne discute pas l'existence des sorcières. Il démontre autre chose, et de façon imparable : le dispositif judiciaire, tel qu'il est appliqué, ne peut rien établir. Sous la torture, avouer fait cesser la douleur et nier la prolonge ; l'aveu ne prouve donc que la torture.
Il ajoute que la dénonciation arrachée désigne de nouveaux accusés, et que le mécanisme est sans terme par construction. Quiconque est accusé est perdu, innocent ou non — et il écrit que si la procédure lui était appliquée, il avouerait lui-même.
Le livre a réellement pesé : plusieurs principautés allemandes ont suspendu les poursuites dans les décennies suivantes. C'est l'un des rares cas où l'on peut suivre l'effet d'un raisonnement sur des vies humaines.